Organisée en trois événements multi-disciplinaires, la programmation
2005 veut mettre l’accent sur des pratiques artistiques qui s’inspirent
du quotidien ou en font partie sans pour autant en être une caricature,
en présentant les petits riens qui nous entourent, imperceptibles ou
peu importants qui constituent notre environnement vital et influencent
nos modes de vie de manière consciente ou inconsciente.

Ce thème sera visité par le prisme de plusieurs disciplines qui
participent à la construction de notre quotidien : ici avec
l’architecture, puis la mode, le graphisme, le design pour l’événement
de l’été 2005. Enfin, dans le troisième événement de l’année, le CCSP
fera la part belle à tous les arts scéniques et à la littérature pour
nous transmettre les petites choses de la vie. Banales à première vue,
mais très importantes dans la complexité de notre comportement en
général.

A l’invitation du CCSP, l’architecte lausannois Philippe Rahm
conçoit une exposition présentant ses travaux et les projets de 5
agences d’architectures ayant en commun la notion d’architectures
invisibles. L’exposition met en exergue les éléments de l’architecture
qui ne se voient pas, mais qui en font partie intégrante comme la
maîtrise des fluides, de la lumière ou de l’air. Tous ces éléments
modifient la réalité de notre environnement ambiant au-delà des
constructions elles-mêmes et en ce sens, transforment la perception que
l’homme a de sa temporalité. L’exposition ne souhaite pas présenter
l’architecture dans sa définition monumentale mais de mettre en lumière
ses composantes invisibles qui ont une influence directe sur l’homme.

Michel Ritter

L’exposition Architecture invisible a bénéficié du soutien de l’Association Suisse
d’Entraide Sociale et Culturelle (ASESC) à Paris.

En partenariat avec le FRAC Centre (Orléans)
Exposition Philippe Rahm Décosterd & Rahm, associés (21.01 – 30.04.05)

49 NORD 6 EST, FRAC Lorraine (Metz)
Exposition Quand les lattitudes deviennent suisses (27.05 – 28.08.05)

Le projet Nuit Australe a bénéficié de la collaboration de Fabric.ch et du
Spatial Information Architecture Laboratory [SIAL] School of
Architecture + Design | RMIT University | Melbourne | Australia

Le projet Printemps continu a bénéficié de la collaboration de Michael
Terman, Ph.D. and Stephen Fairhurst, M.S., Columbia University Medical
Center, New York, USA pour le Twilight program.


Liste des artistes et architectes

Architecture invisible
  • Philippe Rahm
  • Bauart / Cero9 / Dominique Gonzalez-Foerster / Diller Scofidio + Renfro / fabric | ch
  • Christelle Lheureux
PROJECT ROOM

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Photos

Architecture invisible
Vues de l’exposition
 
i-weather.org, photos : Marc Domage / Tutti
 
Nuit australe, photo : Marc Domage / Tutti
 
Foyer, vue de l’installation, photo : Marc Domage / Tutti
 
Printemps continu, photos Marc Domage / Tutti
 
i-weather.org, Philippe Rahm, 2005
 
 
Printemps continu, Philippe Rahm, 2005
     
 
Winterhouse
   
 
Bauart
   
Sunfactory © Bauart
 
Dominique Gonzalez-Foerster
     
© Moment Dream House, 2004
 
Diller Scofidio + Renfro
© Diller + Scofidio (USA), 2002
 
Cero9
     
SAND / 4Simulation chambers © CERO9, 2005
SEX / 4Simulation chambers © CERO9, 2005
     
SUN / 4Simulation chambers © CERO9, 2005
 
fabric | ch
realrooms 1 realrooms 2 realrooms 3 realrooms 4
realrooms 5      
Realroom(s) © fabric | ch
 
Christelle Lheureux
Jour 8 Jour 22 Jour 26 Jour 37
nuit bb2      
© Christelle Lheureux, 2003-2005
 
Project Room
Joël Tettamanti
   
Stadtlandschweiz © Joël Tettamanti (2003)
 
Collectif_Fact
Jour 8 Jour 22    
Crédit : Installation circus, 2004, collectif_fact

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Architecture invisible

Philippe Rahm

Deux importantes mutations de ce début du XXIe siècle, à savoir la
globalisation et le dérèglement climatique, engendrent aujourd’hui une
transformation en profondeur de la notion d’espace et de temps. Ce
n’est plus en termes de jour et de nuit, de local et de lointain, de
chaud ou de froid, de clair ou d’obscur, que se définit aujourd’hui
l’espace architectural mais plutôt dans une sorte de continuum
climatique global et permanent. Partout, la lumière est la même, la
température est moyenne et le taux d’humidité reste constant.
L’architecture se déploie dans un espace dorénavant universel,
projetant sans discontinuité un éternel présent, continu, invariable,
partout pareil, toujours là. Le continuum crée une spatialité et un
temps au-delà des cycles biologiques, sans sommeil, sans saison, en
dehors des rythmes astronomiques et climatiques, sans nuit ni hiver,
sans pluie ni froidure. L’information est instantanée, les connexions
simultanées, le réseau de communications est global, sans interruption.
Ici et maintenant, mais aussi là-bas et demain, toutes les variables
météorologiques ont été stabilisées sur une moyenne partagée de
confort. Quelque part autour de 21°C, à un taux d’humidité relative de
50%, à une intensité lumineuse de 2000 lux, comme un beau jour de
printemps à Paris que l’on aurait décidé de répéter à l’infini, dans le
monde entier. C’est un 15 mai, par exemple, à midi, parce que ce jour
est habituellement celui où l’on éteint le chauffage central des
immeubles, jusqu’à l’automne. Le continuum climatique est planétaire
aujourd’hui, un air conditionné mondial établissant, partout et tout le
temps, la même température, la même intensité lumineuse, qui se
déploient sans discontinuité entre les logements, les transports, les
bureaux et les supermarchés, les aéroports, les avions et les autres
villes, de part et d’autre de la Terre, jour et nuit, été comme hiver.
Sans discontinuité de Paris à Lausanne, de Melbourne à San Francisco,
de Kitakyushu à Madrid, un même jour de printemps se répète pour
l’éternité, que l’on parcourt en chemise, hiver comme été, de jour
comme de nuit, sur la terre entière. C’est le printemps perpétuel de la
mythique Ogygie, l’île de Calypso, c’est le climat doux et invariant de
San Diego que l’on a aujourd’hui étendu au reste du monde. Un équinoxe
perpétuel, une journée sans nuit.

Pourtant, dans cette climatisation généralisée, aucune architecture
n’a encore été réellement définie. Le Continuum est une simple
ingénierie dont l’unique inflexion aujourd’hui est celle du
développement durable et de son coût. Face à l’épuisement des
ressources et au réchauffement planétaire, HQE en Europe ou Minergie en
Suisse, constituent les normes en devenir du continuum auxquels les
architectes et urbanistes devront bientôt se soumettre avant de les
avoir questionnés. Il relève aussi des inégalités économiques et
sociales, délaissant les espaces publics au profit des espaces privés
ou commerciaux. Le continuum établit une géographie inégale entre le
Sud et le Nord, le centre et la périphérie, où le rafraîchissement d’un
espace se fait à la condition du réchauffement d’un autre.

ESPACE

L’une des premières missions de l’architecture et de l’urbanisme est
de dérégler localement les climats naturels pour les rendre habitables,
en créant de l’ombre, des lieux sans pluie ni vent, plus chauds ou plus
secs, plus lumineux ou plus sombres. Mais c’est avec la modernité que
le phénomène a pris une ampleur globale. Les villes, d’abord avec le
gaz au milieu de 19e siècle, puis avec l’électricité au 20e siècle sont
devenues des lieux extraits des rythmes journaliers naturels, des
environnements artificiels où les cycles d’activité jour/nuit sont
maintenus uniquement par convenance. Cela a commencé lorsque l’on a
faussé l’alternance jour/nuit, en sortant les villes de l’obscurité
grâce à l’éclairage public, vers 1850. L’éclairage électrique des
maisons relève d’un détournement géographique, qui prend ici la forme
d’une perturbation astronomique, en créant le jour la nuit, l’aube à
minuit, le jour continu, une interminable après-midi où le crépuscule
ne vient pas. On a supprimé l’hiver en introduisant le chauffage
central durant la première moitié du 20e siècle. Et c’est aujourd’hui
l’été que l’on réduit par la climatisation, permettant d’établir tout
au long de l’année une même saison à température égale, quelque part
autour de 21°. Dans ces déplacements, à travers le chauffage et
l’éclairage, il s’agit d’être dans ce que Heidegger dénonçait comme une
provocation, celle de la technique moderne qui extrait l’homme de ses
conditions naturelles climatiques, géographiques, temporelles et
astronomiques. Avec la modernité puis la globalisation, projeter le
climat est devenu l’une des raisons principales du surgissement de la
forme architecturale. Faisant de la nuit le jour, de l’hiver un
printemps, l’espace architectural et urbain flotte aujourd’hui hors des
rythmes astronomiques : un redressement artificiel de l’axe de la
terre, un arrêt du mouvement de rotation de la terre sur un midi de
mai. Le chauffage des maisons en hiver provoque des déplacements
géographiques ponctuels, comme de multiples petits glissements
domestiques de latitude, en temps réel. En franchissant la porte de la
maison, le 8 janvier 2004 à Lausanne, nous passons, en une foulée, du
zéro degré des montagnes suisses aux 18 degrés du sud de l’Espagne.
Rentrer dans la maison équivaut alors à un glissement sur le globe du
nord au sud, de 46 degrés de latitude nord à 37 degrés de latitude
nord. C’est un voyage immobile dans l’espace, une contraction spatiale
localisée.

Dans cette homogénéité climatique éternelle, l’architecture est
aujourd’hui l’instrument qui permet d’articuler ce continuum, d’y créer
des failles, des ruptures, du brouillard. Enfler ponctuellement ou
momentanément certains climats, naturaliser un contexte ou au contraire
le distancier encore plus, créer des moments, générer des
météorologies, projeter des saisons et des temps, spatialiser des
fonctions, raccourcir les distances ou au contraire les amplifier,
diminuer les longueurs du jour ou créer une nuit sans fin, ici et là,
hors du temps et de l’espace. Ce que la globalisation et Internet font
disparaître, au-delà des saisons, ce sont également les distances. Le
voyage est instantané, d’un climat à un autre, d’une localisation
géographique à une autre. C’est le nord de l’Afrique que l’on retrouve
en temps réel quand on ouvre la porte de sa maison en hiver en Vendée,
c’est la lumière matinale de Melbourne que l’on fait venir
instantanément dans son appartement parisien lorsque l’on enclenche la
lumière électrique à minuit.

TEMPS

Mais c’est peut-être aussi un voyage dans le temps, un déplacement
immobile, au travers la journée, les saisons. Revenir en arrière, de
l’hiver à l’été, Travailler par dérèglement climatique, par
désynchronisation, faire surgir et modifier la forme par décalage
saisonnier, projeter par thermopériodisme, par dormance ou
vernalisation. Revenir en arrière de quelques heures, de quelques
mois, d’une saison, regagner ce moment de confort que l’on a perdu avec
l’avancement dans l’année, revenir de l’hiver à l’automne, du soir à
l’après-midi. Le continuum n’est plus le climat naturel en temps réel
mais en différé. La saison s’étire, la journée se prolonge, été indien,
nuit américaine, hiver tahitien, « magic hour ». On allume une lampe à
minuit convoquant brutalement la lumière de la fin d’après-midi, on met
en marche le chauffage en se projetant dans le printemps prochain. Mais
il y a également cette solidification du temps par l’architecture :
inorganique, sans mouvement, sans évolution, fixé de façon définitive
dans le temps de sa construction et de ses matériaux. L’architecture
est liée de façon atavique au patrimoine, espace de mémoire physique et
constructive mais aussi collective et personnelle : des formes et des
matières que l’on extrait de leur cours naturel et du temps, qui
n’évolueront plus. C’est la chambre de Nietzsche à Sils-Maria, toujours
pareille chaque été, cet éternel retour au même, comme un temps
solidifié, fait d’objet sans mouvement, de matériau sans devenir. C’est
un rayonnement lumineux qui revient des années 60, une table en bois
qui fixe en elle le gaz carbonique du 19e siècle. C’est peut-être une
forme climatique de la relation au Temps, à l’Histoire.

L’EXPOSITION

L’exposition est un parcours où l’espace devient temps.
L’architecture génère ici ni signe, ni fonction, mais des temporalités,
des saisons, des journées, à habiter physiquement. Elle dérègle,
décale, ajourne, prolonge ou provoque des moments, suspendus,
surnaturels, hors des rythmes astronomiques, que l’on pénètre
librement. L’architecture ne représente pas. Les temps qu’elle
construit le sont dans la matière même de l’espace et du vide, dans sa
densité chimique, selon ses vibrations électromagnétiques. Temps
physiques, temps physiologiques, l’exposition se déploie dans l’entier
du Centre Culturel Suisse dont elle transforme la temporalité des
différents espaces. Persistance d’une lumière passée, distorsion
circadienne, journée future en avance, décalage horaire.

1/ Foyer

Dans le Foyer, un circuit d’eau chaude à température printanière
dessine un espace d’exposition et son mobilier. Sur 6 écrans sont
présentés 6 projets de 6 agences d’architecture qui chacun procède
d’une distorsion temporelle ou climatique. Chez Bauart,
ce sont les belles journées d’Ascona, au sud de la Suisse, qui sont
convoquées tout au long de l’année au nord du pays. Ici, c’est le
développement durable et les soucis d’économie et d’écologie qui
dérèglent un climat intérieur. Chez cero9,
c’est l’été méditerranéen, avec la chaleur de ses plages et leurs
rayonnements UV qui est produit sur la mer du nord dans les canaux de
Bruges. Pour Dominique Gonzalez-Foerster,
le plan d’une maison à Tokyo s’articule non plus autour de fonctions,
mais de moments de la journée, quand il pleut, quand la voiture rentre
le soir à la maison. Chez Diller + Scofidio, c’est une formation météorologique passagère qui forme l’espace, une simple variation du taux d’humidité. Chez Fabric.ch,
l’espace se forme dans la confluence des luminosités diverses des
réseaux d’information globales. Et c’est le climat estival tahitien que
nous produisons en temps réel dans l’hiver d’une maison vendéenne.

Le projet du circuit d’eau chaude a été soutenu par la galerie Lucy Mackintosh à Lausanne.

2/ Des après-midi différés, 2003-2005

Dans la salle de spectacle, c’est une luminosité passée qui est
diffusée, celle qui est conservée sur la pellicule de films tournés
durant le printemps 58. Vidés de toutes narrations, des après-midi, des
soirées et des nuits sont sélectionnés dans des films, extraits, pour
être recadrés et remontés pour finalement composer un après-midi
générique de 10 heures. Cette temporalité ainsi reconstituée sur un
après-midi, est ensuite projetée en continu dans la salle de spectacle.
Elle est différée mais re-synchronisée avec un temps vécu en direct. Ce
geste part du principe que tous les films sont des expériences
potentielles de jet lag. Habiter ici au printemps 2005 dans la
luminosité du printemps 1958.

Philippe Rahm avec : Christelle Lheureux, Paris

3/ nuit australe, 2005

Une petite chambre donnant dans l’escalier du Centre Culturel Suisse
est plongée dans le noir, à l’exception de la lumière diffusée par un
moniteur. Captée à Melbourne, en temps réel, et diffusée en streaming,
la lumière est celle des journées d’automne australien, en avance de 10
heures au mois de mars par rapport à Paris (8 heures au mois d’avril et
de mai). Les fins de matinée parisienne correspondront aux crépuscules
australes, les après-midi seront des nuits, le printemps sera l’automne
et les jours se rallongeront ici tandis qu’ils se raccourciront là-bas.

Philippe Rahm avec :
fabric | ch, electronic_architecture, Lausanne, Suisse
Christian Babski, Christophe Guignard, Patrick Keller, Stéphane Carion
et School of Architecture + Design | RMIT University | Melbourne | AUSTRALIA
Spatial Information Architecture Laboratory [SIAL]
Mark Burry, Professor of Innovation (Spatial Information Architecture) Gregory More, Research Fellow

4/ i-weather.org

Dans la galerie, un mur de lumière traverse l’espace du sud au nord.
La lumière est entièrement générée par le software i-weather.org, un
rythme circadien de 25 heures, oscillant entre une luminosité verte
très intense et un violet de faible intensité. i-weather.org produit un
rythme circadien déterritorialisé répondant au métabolisme
physiologique humain hors de toutes géographies naturelles. Il propose
une alternance artificielle, synchronisée sur une périodicité endogène
du système endocrinien humain. En l’absence du cycle astronomique
terrestre nuit/jour, cette périodicité se révèle être d’un peu plus de
25 heures, à laquelle sont dépendantes, entre autres, la variation de
la température corporelle, l’alternance veille-sommeil, l’accumulation
ou la sécrétion de substances comme le cortisol ou les oligopeptides.
Ici, i-weather.org fonctionne sur la variation du taux de mélatonine
dans l’organisme en fonction d’une variation de l’intensité lumineuse
selon certaine longueur d’onde reçue par la rétine. La mélatonine est
une hormone liée à l’horloge biologique interne, à l’alternance veille
- sommeil, à certains cycles libidinaux. La lumière se déplacera dans
l’espace sur 25 heures, du vert au violet, du sud au nord, du
potentiellement excitant au potentiellement relaxant, surnaturalisant
la relation de l’architecture à l’orientation, entre le sud et ses
pièces diurnes et le nord et ses chambres nocturnes.

Philippe Rahm avec fabric | ch, electronic_architecture, Lausanne,
Suisse (Christian Babski, Christophe Guignard, Patrick Keller, Stéphane
Carion)
et Prof.Anna Wirz-Justice, Centre for Chronobiology, Psychiatric University Clinic, Bâle, Suisse

5/ Printemps continu, 2005

Dans la cour, c’est une belle journée de la mi-mai que nous
provoquons dès le 12 mars. C’est un 15 mai dont nous anticipons chaque
jour l’intensité lumineuse et les variations. Dans la cour, le coucher
de soleil se fera toujours à 21 heures 24, tandis qu’au-dehors, il fera
déjà nuit : le 12 mars par exemple, le soleil se sera couché à Paris à
18 heures 50. L’architecture est ici la production de cette journée où
l’on arrête habituellement le chauffage des maisons. C’est le printemps
idéal et confortable que nous proposons d’étendre sur l’année en
agissant sur le spectre électromagnétique de l’espace et son intensité,
sur le photopériodisme, sur la dormance. Des lampes extrêmement
puissantes sont installées dans le vide à trois mètres au-dessus de la
cour. Reproduisant le spectre de la lumière du jour, ils forment une
nappe lumineuse, un double sur-naturel de la luminosité du ciel, qui
réagit exactement aux variations de l’intensité lumineuse naturelle,
palliant, à chaque fois que cela est nécessaire, au manque
d’ensoleillement afin de construire tous les jours de l’exposition,
cette journée printanière et optimale d’un 15 mai. Programmées par
horloge, réagissant en temps réel par l’intermédiaire de cellules
photosensibles à la variation de la luminosité ambiante, les lampes
s’allument l’après-midi et surtout le soir pour compenser la diminution
du temps d’ensoleillement et garder invariablement un jour de 15 heures
et 18 minutes, un 15 mai éternel, que l’on tire en avance sur quelques
mois. Des arbres fruitiers seront en fleurs dès le 15 mars, 2 mois en
avance.

Philippe Rahm avec Michael Terman, Ph.D. and Stephen Fairhurst,
M.S., Columbia University Medical Center, New York, USA pour le
« Twilight program »
Et la collaboration de M. Raynault, Museum National d’Histoire Naturelle

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